Critiques automnales

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1) “Ys en automne”, premier roman du Brestois Martial Caroff, est aussi le premier d’une tétralogie intitulée “Les Quatre Saisons d’Ys” dont le second volume est à paraître prochainement dans la collection Granit noir de l’éditeur rennais Terre de Brume. Enseignant-chercheur à l’Université de Bretagne Occidentale, Martial Caroff est spécialisé dans l’étude des magmas. Rien à voir avec l’inspiration de ce polar atypique et iconoclaste qui puise son propos dans l’antique légende de la Ville d’Ys et dans lequel l’auteur s’est défoulé avec un humour à froid de très bon aloi.

La mort en scène, alors qu’il interprète la mort de Socrate, du Professeur Antoine de Nervèze, n’est que la première d’une série de morts tout aussi mystérieuses que devront élucider le lieutenant de police Bruno Krafft, un Columbo sombre et irascible, Lorrain exilé en Bretagne, et un jeune paléontologue de l’UBO Quentin Le Louarn, féru de littérature ancienne, au cours d’une enquête enfumée, ponctuée de crimes déments... Une histoire dingue, peuplée d’une étonnante galerie de personnages. On attend avec impatience la prochaine “saison”...

Le Trégor, 4/10 mai 2000.

 

2) ...Et puis un nouvel auteur maison avec Martial Caroff et voici la première des Quatre Saisons de la Ville d’Ys. Complètement farfelue, entre références pseudo-historique et polar approximatif, voilà bien la griffe de Granit noir, le nom de la collection. Car jusqu’ici il semble régner dans cette famille une espèce de distanciation avec la tradition du roman noir qui, jusque dans les pages tragiques de Belfast Blues, fait un pied de nez aux références... Pourquoi pas, en tout cas, les trois nouveaux titres se lisent avec plaisir dans le TGV, et c’est bien là leur usage.

ADSA, Mai/Juin 2000.

 

3) Automne 2001 : tout le gratin intellectuel de la ville de Ker-Ys (Bretagne) se presse à l’Institut de Recherche sur les Langues et Civilisations Disparues. En cette journée d’automne, Antoine de Nervèze, Professeur de littérature grecque, interprète la mort de Socrate... tellement bien qu’en prononçant les derniers mots du philosophe, il meurt. Un crime d’autant plus pernicieux qu’aux dires de ses proches, il était unanimement aimé. Le lieutenant de police Krafft, déplacé pour la circonstance, appréciera. Un lieutenant placé là par sa hiérarchie parce que son franc-parler finit par devenir encombrant. Mais c’est que la Nouvelle Ys reste tributaire de son passé issu des légendes du roi Gradlon et de sa fille dépravée, aux dires des chrétiens, Dahut... Une histoire qui n’en finit pas de projeter ses ombres maléfiques et, lorsque les crimes commencent à se multiplier, la police est obligée d’accepter l’aide de Quentin Le Louarn, paléontologue, et de son amie Nolwenn, archéologue, qui eux, connaissent la mémoire de la ville.

Premier volet d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons d’Ys, Ys en automne s’inscrit dans l’imaginaire collectif breton, associant tradition du conte et modernité. L’auteur, Martial Caroff, enseignant à l’Université de Bretagne Occidentale, signe un premier roman qui mérite d’être lu, tant les préoccupations qu’il met en scène appartiennent au plus grand dénominateur commun des hommes : l’oubli, la mémoire et l’épopée.

Arnaud de Montjoye

Témoignage Chrétien n°2924, 20 juillet 2000.

 

4) Il se passe toujours quelque chose de nouveau à l’Ouest ! En ce jour d’automne 2001 il s’en passe même de belles sur la ville d’Ys. Le professeur de littérature grecque à l’Institut de Recherche sur les Langues et les Civilisations Disparues, Antoine de Nervèze, meurt empoisonné lors d’une représentation théâtrale dédiée à Socrate. Cette première mort provoque la venue de l’irascible lieutenant Krafft chargé de résoudre le mystère. L’assassin récidive et sa logique échappe à tout raisonnement à moins que sa source ne remonte à un passé lointain de la Cité d’Ys... Comme c’est un roman policier, il ne convient pas d’en dévoiler davantage.

Premier volet d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons d’Ys, ce premier roman de Martial Caroff nous fait traverser des siècles d’histoire à la rencontre de personnages étonnants. Enseignant-chercheur à l’Université de Bretagne Occidentale, Martial Caroff est spécialisé dans l’étude des magmas. Nous attendons les 3 saisons suivantes avec impatience. A lire sans attendre !

Le Peuple Breton, septembre 2000.

 

5) Au VIe siècle, sur l’ordre de l’évêque Guénolé, le roi Gradlon jette sa fille Dahut dans les flots en furie pour la punir d’avoir livré la ville d’Ys à la débauche et au courroux céleste. Plus de 1500 ans plus tard, en 2001, des crimes atroces ensanglantent le nouvelle Ys. D’abord, un universitaire empoisonné; puis deux jeunes gens sauvagement mutilés et dépecés. Le lieutenant Krafft, policier irascible et déjanté, est chargé d’éclaircir l’affaire. Une sombre affaire qui pourrait bien s’enraciner dans la malédiction dont Ys fut victime...

Créer une ville imaginaire, mêler la légende au réalisme le plus sordide et porter un regard ironique sur le monde universitaire : il fallait oser le faire et Martial Caroff y réussit parfaitement. Avec une tueuse démente qui, si elle semble la réincarnation de Dahut, puise ses pulsions meurtrières dans le traumatisme qui souilla son enfance. De plus, l’écriture de ce thriller hors du commun va avec aisance du lyrisme poétique à la dérision. Bref, une inspiration, un ton résolument nouveaux dans le polar français. A quand la prochaine saison d’Ys ?

Inter CDI, sept./oct. 2000.

 

6) Faut-il l’avouer, on n’est pas amateur sans réserve de cette nouvelle tendance d’un certain roman noir sur fond de “paysage breton”.

A la mode déjà depuis quelques saisons, cette façon connaît aujourd’hui un développement sans précédent, et l’on renonce à établir l’inventaire de tous les ouvrages plus ou moins décalqués de ceux des maîtres du genre, Jean-François Coatmeur, puis Jean Failler.

Tous plantent leur décor dans telles grandes villes, simples bourgades, ou nec plus ultra, îles enchanteresses de la péninsule armoricaine. L’approche de l’été est, sans surprise, propice à cette déferlante régionale policière forcément inégale. C’est que le lecteur estival est présumé friand de ces nourritures légères à peine relevées d’un zeste de meurtre, et, pour les autochtones, d’une saveur supplémentaire de “happy few” - lequel s’émerveille à reconnaître en gourmet le “lieu du crime”.

Bien peu de pépites vraiment précieuses donc nous semble-t-il dans ce limon que certaines maisons d’édition inlassablement déposent sur les présentoirs des libraires et des kiosquiers. Au risque de l’envasement.

D’autant que ces improbables polars situés on l’a dit ad nauseam dans les avenues les plus rectilignes de nos villes reconstruites ou, à rebours, au creux des venelles moussues de Bréhat ou de l’île au Moines, ne brillent en général pas plus par la qualité de l’écriture.

S’agit-il même d’écrire quand le style est uniformément plat, quand les situations les moins originales s’enchaînent à pénibles renforts de lourdes ficelles, quand les inspecteurs de police sont inlassablement bourrus et les femmes - toujours fatales ! - impeccablement décolorées ?

Fantômes de livres !

Cent coudées au-dessus de cet anodin désastre, le roman de Martial Caroff Ys en automne se donne à lire comme un petit chef-d’oeuvre inaugural. Usant a priori de la même “veine criminelle” que les tâcherons à l’instant décriés, le jeune romancier fait don, lui, d’un véritable “plaisir du texte”. Son écriture, savante et délicate, sert à bonheur, à long plaisir d’esthète, le cheminement brutal d’une intrigue heurtée de violence. Dans le même élan, elle subvertit “les canons du policier” par un va-et-vient vertigineux entre les époques, du haut Moyen Âge à 2001.

Faut-il s’étonner alors si le prologue du livre s’appelle “Lustration”; manière pour Martial Caroff de “dégager la voie”, de la purifier, avant de la frayer à son tour, en amateur résolu de cette belle ouvrage, ailleurs si souvent absente.

Brodant à longues phrases limpides sur le thème fondateur de la ville engloutie, le mêlant cocassement à une peinture sans concession du tout petit monde universitaire d’aujourd’hui, ou aux pulsions d’un assassin contemporain, l’écrivain est, avec le même bonheur tranquille, styliste fluide et architecte rigoureux. C’est, pour dire le vrai, le vent de l’intelligence qui court dans ce livre iconoclaste nourri avec une semblable aisance de Platon, du gallois moyen (“langue ancienne connue la plus proche du brittonique insulaire parlé au VIe siècle” !) et de l’argot placide - “plaisir du texte”, encore - de nos modernes justiciers.

Premier volet d’une tétralogie dont on attend avec une impatience goulue l’hiver, le printemps et l’été, Ys en automne est un feu d’artifice polychrome sur le fond endeuillé du policier régional actuel.

Alain-Gabriel Monot

Hopala ! n°6, novembre 2000 / février 2001.

 

7) Vous aimez les légendes? Vous aimez les livres policiers? Alors précipitez vous sur ce premier tome d'une série de 4 livres intitulée les "4 saisons (Nan! pas de Vivaldi.... ) d'Ys"

Dès les premières pages vous êtes plongés avec maestria dans l'atmosphère étrange du monde de Dahut et de Gradlon et vous n'en sortez pas réellement puisque l'histoire policière qui se passe en 2001 en est intimement imprégnée...La ville de Ker-Ys décrite comme si vous y étiez,vous partez à Quimper ...enfin une visite (presque) guidée de la Bretagne....sous un climat pas très attrayant.(normal!!! lol)..Les deux climats ,légendaire et actuel, toujours en lien...

C'est l'histoire d'un professeur de langues anciennes(grec surtout) qui est retrouvé mort à la manière de Socrate lors d'une représentation de la mort du philosophe .Entre en scène un policier au langage et au look assez particuliers qui sera aidé par 2 jeunes chercheurs....Et il aura bien besoin de toutes leurs lumières car les morts ne s'arrêteront pas là....

C'est truculent ,extrêmement riche en vocabulaire,au style soigné.Par moment interviennent des notions du métier de l'auteur (eh oui.En plus d'etre écrivain .il est chercheur....ou plutôt d'abord chercheur avant d'être écrivain) et là....Bon ...Si certains d'entre vous ,plus scientifiques que moi ,se lancent dans cette lecture ils en seront peut etre contents...Les autres,faites comme moi...Sautez les passages....lol!!!

Du coup ,et peut etre est ce là le signe de la qualité d'un ouvrage, j'ai fait quelques recherches sur la légende et je suis arrivée sur un site qui montre une reconstruction de la ville d'après tout ce qu'on a pu retrouver comme écrits légendaires...Passionnant!

Callophrys

6/4/2008

http://decoupsdecoeurenpassions.over-blog.com/article-22636007.html

http://www.babelio.com/livres/Caroff-Ys-en-automne/50775/critiques

 

8) J'ai eu l'occasion de parler ici, déjà, de Martial Caroff, et je l'ai même interviewé. Après quelques échanges très cordiaux, j'ai appris de lui que sa pentalogie policière Les cinq Saisons d'Ys est de l'uchronie. La ville mythique d'Ys, dans cet univers, a été (re)bâtie quelques années, ou siècles, après sa légendaire destruction ; à l'époque actuelle, c'est une ville accueillant une antenne de l'Université. Martial Caroff, à partir de cette peinture à trois teintes (mythe/histoire/présent), constitue un tableau assez plaisant de l'âme humaine.

Résumé :

L'Automne s'annonce sanglant pour la côte bretonne. Dans la ville d'Ys, le professeur de lettres grecques Nervèze a été assassiné. Raffinement dans le crime, son meurtrier a choisi de frapper lors d'une représentation théâtrale où l'universitaire jouait le rôle de Socrate lorsqu'il but la coupe de ciguë... Le verre de soupe instantanée qui devait servir d'accessoire de théâtre a été empoisonné. Quentin, un jeune paléontologue spécialiste des tempestites de l'ère Primaire, quitte ses chers trilobites afin de mener l'enquête, car Nervèze était son ami, d'autant plus que son amie Nolwenn, elle aussi universitaire, semble bouleversée par ce crime terrible. Dans le même temps, Bruno, un inspecteur lorrain aux méthodes peu appréciées de sa hiérarchie, est mis à la tâche. Ils ne savent pas, pour le moment, que ce n'est que le premier crime sur lequel ils vont devoir enquêter. De nouveaux meurtres seront en effet commis, dans une macabre gradation, révélant peu à peu un lien étrange avec la légende d'Ys...

Il s'agit d'une histoire policière avec crime et enquête, assez bien menée pour autant que je puisse en juger. Les indices me semblent assez bien éparpillés au long de l'histoire et permettent de formuler des hypothèses. Même si je n'ai pas imaginé l'identité de l'assassin assez tôt, j'ai été capable d'établir un lien à un moment de l'histoire. En d'autres termes c'est du policier "à la vieille école" où le lecteur peut se changer en enquêteur, mais sans subir les aléas de l'enquête.

Car l'environnement constitue un personnage à part entière dans ce roman. Le climat déchaîné de l'Automne d'Ys n'est pas sans perturber les plans des uns et des autres, sauf peut-être celui de l'assassin - comme si la nature elle-même donnait son concours à la réussite de son plan. Il y a en effet un plan d'envergure derrière les crimes, une véritable folie meurtrière aussi lessivante que la tempête... La forme, à travers l'écriture, est remarquable de maîtrise : Martial Caroff est l'un de ces auteurs qui savent écrire avec une langue à la fois personnelle et savoureuse. J'ai envie de dire que l'on a l'impression de sentir les cigarettes de Bruno !

En peu de mots, une belle ouverture de cycle, et qui m'incite à continuer l'aventure !

Anudar

31 janvier 2011

http://grandebibliotheque.blogspot.com/2011/01/les-cinq-saisons-dys-ys-en-automne.html