Critiques Nuées sanglantes

Avant de devenir un roman de la collection Courants Noirs, une première version de Sanglante comédie est sortie en 2003 aux éditions "Terre de Brume" sous le titre : Les Nuées sanglantes.

 

Le texte paru en 2011 a été partiellement réécrit, entièrement rechapitré et restructuré. La première mouture de 2003 n'a pas été un succès de librairie, sans doute parce que peu adaptée à la collection hôte, purement policière. Elle a tout de même conquis quelques lecteurs enthousiastes :

 

(Commentaires extraits de livres, revues, sites et blogs. En cas d'opposition de la part d'un chroniqueur ou d'un organisme à la publication de son texte sur cette page, me contacter. Le passage sera aussitôt retiré ou remplacé par un lien. MC.)

 

1) Bonjour. Puisque vous parcourez ces lignes, vous êtes de vrais lecteurs ! Il en existe donc encore et cette simple pensée me met en joie. Je les écris, ces lignes, depuis un bureau minable d’universitaire fauché, sous une lampe verte et noire, hanté par une obsession, celle de vous convaincre que mon bouquin est aimable, bon et rare lecteur, et donc achetable (pour un prix modique...). Et c’est un voyage imaginaire que je vous propose, une promenade sous le soleil de la Grèce classique en ce printemps de 423 avant J.-C., une balade en compagnie de Socrate et d’Aristophane, dans les rues d’Athènes, dans les travées de son théâtre, les escaliers de son Odéon, la poussière de son Agora... Je vous invite à suivre l’enquête de ce fou d’Antisthène, à la recherche de celui qui veut tuer Aristophane et saboter la représentation de ses “Nuées”. Veut-il donc que la première trêve de la Guerre du Péloponnèse ne soit pas signée, ce terroriste ? Ou bien souhaite-t-il venger Socrate, cible de sa comédie ? Les “Nuées sanglantes”, un polar historique vraiment pas comme les autres... Martial Caroff

Dédicace “La Radio du Livre”, 3 octobre 2003.

2) Martial Caroff, écrivain entre réel et irréel.

Parmi les habitants de la commune, il en est un qui depuis 1999 écrit des livres dont les trames des récits se passent entre légendes ou Histoire mais avec le même fil conducteur, le roman policier. Martial Caroff vient de faire publier son dernier livre, “Les Nuées sanglantes”, le 11 septembre.

Entre son métier d’enseignant, chercheur en géologie à la faculté de sciences à Brest, et sa passion des livres, Martial Caroff s’est accordé le temps depuis 1999 pour enfin assouvir sa passion de l’écriture. Sa première publication a été une série “Les quatre saisons d’Ys” (quatre livres), où il s’est amusé à mélanger la légende de la ville d’Ys avec notre époque. Réel ou irréel, toujours est-il que le lecteur se laisse entraîner dans ses récits. Son dernier livre invite le lecteur en 423 avant J.-C. dans la Grèce classique dans une fantaisie policière qui tourne autour du théâtre. Martial a fait des recherches minutieuses afin de donner une reconstitution historique précise de la ville d’Athènes. C’est un polar historique tragi-comique riche en rebondissements et qui a pour but de rendre accessible sa lecture à tout un chacun.

Ouest-France, Edition de Brest, 3 octobre 2003.

3) Nous sommes en -423 avant JC. Péricles est mort, c'est la guerre entre Athènes et Sparte. Elle fait rage. Seul moment d'acalmie la saison théatrale des "Dionysies". Les combats cessent pour pouvoir assister aux pièces en paix. Mais coup de théâtre, lors de la première des "Nuées" d'aristophane, on tente de le tuer. Va commencer alors une enquête qui va vous faire rencontrer Socrate, Cristias, Cléon...

L'antiquité à portée de tous, l'histoire antique rendu passionnante à travers ce polar intelligent.

Salué par les profs de grec comme miraculeux, ils le conseillent à leurs élèves, et nous, nous le conseillons à tout le monde ! Même à ceux qui comme nous n'ont jamais fait de grec !

La Griffre Noire

http://www.la-griffe-noire.com/roman.htm

4) En 423 avant J.C., Athènes et Sparte se déchirent dans un conflit plus connu sous le nom de guerre du Péloponnèse. Depuis le décès de Périclès, la cité d'Athéna se partage entre ceux qui désirent à tout prix continuer les combats et ceux qui désirent y mettre un terme. Mais ce n'est pas pour autant que la saison théâtrale des Grandes Dionysies doit être annulée. Au contraire. C'est l'occasion pour les auteurs de présenter leurs nouvelles tragédies ou comédies. S'affrontent Euripide, Cratinos, Ameipsias, Philonidès pseudonyme pour cette circonstance d'Aristophane qui propose une pièce dans laquelle Socrate est violemment caricaturé. Les quolibets et les acclamations fusent de l'assistance parmi laquelle se trouve Antisthène, jeune philosophe pouilleux d'une vingtaine d'années, insolent, fils d'un citoyen athénien et d'une esclave phrygienne, se proclamant citoyen du monde, méprisant les richesses et les honneurs. Pendant la représentation des Nuées d'Aristophane, rapidement démasqué par certains spectateurs qui reconnaissent ce trublion, ce novateur, ce provocateur par sa mise en scène, Antisthène est intrigué par le manège d'un des esclaves scythes chargés de garder les lieux. L'homme a bandé son arc et décoche une flèche vers Aristophane, le manquant de peu. Grâce au courage et à la présence d'esprit d'Antisthène, l'archer est rapidement maîtrisé, démembré et dépecé. Qui avait intérêt à supprimer Aristophane ? C'est ce que s'attache à découvrir le jeune philosophe avec l'aide de quelques compagnons et de son maître Socrate.

Disons le tout net, dans ce roman policier historique l'intrigue sert surtout à visiter la Grèce antique, et principalement Athènes, via ses us et coutumes de l'époque, principalement sa culture théâtrale. Et bizarrement rejoint la notre (d'époque et non pas de culture même si on peut effectuer des parallèles sur les intermittents du spectacles et les iconoclastes du théâtre, Jérôme Savary en tête). Une vision moins austère que celle que l'on a pu découvrir dans les manuels scolaires, mais faut avouer que certaines scènes (de théâtre !) s'apparentent plus à la comédie musicale de Hair, si décriée par les bien pensants à la fin des années soixante, qu'à un spectacle de la Comédie Française avec son rigorisme. Un roman qui n'est pas destiné uniquement aux hellénistes, mais à tous ceux qui se piquent de curiosité.

Paul Maugendre

Mauvais genres

http://www.mauvaisgenres.com/martial_caroff.htm

5) Athènes, printemps 423 avant J.C. Tout a débuté le 7 Elaphèboliôn (mars), lors de la célébration des Grandes Dionysies, saison théâtrale d'importance et fête la plus prestigieuse de l'année. Durant le proagôn, Xanthias, un archer scythe, tente d'assassiner le poète comique Aristophane dont la nouvelle comédie satirique, "Les Nuées", doit être représentée au cours de ces réjouissances et qui, dit-on, ose attaquer Socrate, le maître philosophe. Aristophane ne doit son salut qu'à l'intervention du jeune Antisthène, "philosophe pouilleux et indépendant". L'archer est démembré et dépecé avant d'avoir pu expliquer les raisons de son acte... Qui avait intérêt à la mort du poète pacifiste ? Qui a commandité l'assassinat et a - mal - dirigé le bras de Xanthias ? La rumeur met en cause les Lacédémoniens, dans leur ensemble. Or il est évident que nombre d'entre eux pensent qu'il est grand temps de mettre fin à la rivalité sanglante qui oppose leur cité à Athènes. Une trêve pourrait même être signée à la clôture des Dionysies. Elle mettrait un terme à la guerre du Péloponnèse qui oppose Sparte et Athènes depuis huit ans déjà... Mais certains Athéniens bellicistes ne sont-ils pas prêts à tout pour faire échouer les pourparlers de paix ? Autant de questions que se pose Antisthène "le Vertueux". "Le jeune chien fou" décide alors de mener sa propre enquête. Il recevra l'aide inattendue du grand Socrate. Le maître philosophe va en effet se transformer en maître enquêteur !...

"Etonnante histoire" que ce récit du "divin" Platon ! Tout comme Denys, le tyran de Syracuse, nous sommes totalement sous le charme. Platon (ou ne serait-ce pas plutôt Martial Caroff ?), tout en nous narrant ce que dit l'Histoire, nous fait découvrir ce qu'elle ne dit pas ! Peu importe si la mythologie et l'antiquité grecques vous sont peu connues, peu importe si vous n'avez jamais lu Jacqueline de Romilly ni consulté le Grand Bailly, Martial Caroff a tout prévu : la liste des "principaux personnages d'une tragi-comédie à coloration vaguement philosophique" (sic), un plan d'Athènes, un avant-propos très clair et très utile, une postface et un glossaire, non moins clairs ni moins utiles, sont proposés au lecteur. Ce dernier est emporté dans un voyage passionnant et haletant dans l'Athènes de la guerre du Péloponnèse. La cité d'Athéna s'anime sous ses yeux. Quel plaisir ! L'auteur marie avec brio intrigue policière et réalités historiques. L'enquête est pour lui prétexte à camper de savoureux portraits. Ceux d'Antisthène, philosophe intransigeant, charismatique et hors du commun, fondateur de l'Ecole cynique, et de Socrate, détective façon Hercule Poirot (le roman se termine à la manière d'un Whodunit à l'anglaise... avec Socrate démasquant "le coupable" lors d'un "conseil d'instruction"...) sont particulièrement réussis. Une intrigue impeccablement ficelée, un récit documenté, érudit, vivant, enlevé, intéressant et enrichissant, parsemé d'humour... et de poésie ! Ajoutez-y un zeste de philosophie ! Un vrai régal ! Le lecteur a l'impression de devenir "savant" sans le moindre effort car Martial Caroff, "helléniste passionné", fait partager sa passion et éduque autant qu'il divertit.

L'auteur déjà remarqué des "Quatre saisons d'Ys" a écrit là un excellent péplum - péplum, mot latin/grec "peplos" - thriller. Une vraie réussite !

Mauvais genre “Rade de Brest” 2003

6) Je ne connais pas Martial Caroff, mais ce qui est sûr, c’est qu’il connaît sur le bout du doigt la Grèce de Périclès.

Ô ! Mânes innocentes ! Ô heureux citoyens d’Athènes, la saison théâtrale va commencer. Les grandes Dionysies ne connaissent pas la politique et ce n’est pas la guerre qui déchire le Péloponnèse qui va les empêcher d’avoir lieu avec tout le faste qui est dû aux représentants des Dieux sur terre : les comédiens. Dans cette crise violente, il n’est donc pas étonnant que les démagogues cherchent à tuer le plus connu, le plus décrié des auteurs, le célèbre Aristophane. Il faudra toute la sagesse de Socrate et l’énergie d’un jeune philosophe Antisthène pour dénouer le sac de nœuds qu’est la société athénienne en ce chaud printemps de 423 avant J. C.

Bernard Reversa

Le cercle noir

http://www.cerclenoir.com/livre19.htm