Critiques galactiques

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1) Le roman d’une autre planète

Sa thèse sur « une approche des processus de genèse et d’évolution des magmas basaltiques en contexte intraplaque océanique dans les forages d’Eiao et de Mururoa » ne le destinait pas particulièrement à mettre en scène des astronomes et des astromathématiciens dans son premier roman SF. Après avoir achevé un cycle des saisons d’Ys, une sorte de polar fantastique sur fond légendaire celte, Martial Caroff (à ne pas confondre avec André, l’un des ex-piliers de Fleuve Noir) tourne le regard vers le ciel. Il nous livre un roman décalé par rapport à la production SF courante, à mi-chemin entre le docufiction et l’intrigue fantastico-historique à la Da Vinci Code. Il n’est d’ailleurs pas catalogué dans la collection « Poussière d’étoiles » dirigée par Sébastien Guillot mais figure dans la même collection que des ouvrages tels que « Les vampires du Finistère », « Cheun de Plougastel, galérien » ou « L’enfant du 8 mai chausse du 45 ».

De la « hard science » comme il s’en écrit peu en France. Un mélange de « hard science provinciale », puisque le roman met volontairement en scène des personnages ancrés dans leur terroir, et de « hard science internationale » puisqu’il aborde des thématiques clés de l’histoire universelle. L’absence de références à l’univers littéraire SF et aux contraintes du genre en fait un livre singulier, difficile à classer. Disons que sur le fond le livre est de l’anticipation scientifique (dans la tradition d’un Jules Verne, par exemple). Sur la forme, il n’a pas grand-chose à voir avec le genre SF. Une œuvre insolite, par conséquent, qui méritait toute notre attention.

La thématique centrale est d’actualité : comment détecter une exoplanète habitée ? À cette interrogation, Martial Caroff en ajoute une deuxième : mais que se passerait-il si elle nous avait détectés depuis des milliers d’années ?

La préface d’Alain Cirou, directeur général de l’Association Française d’Astronomie et rédacteur-en-chef du magazine Ciel et Espace, donne, à ceux qui en auraient douté, une caution aux fondements scientifiques du roman.

Plaidoyer pour l’interdisciplinarité

Le 12 janvier 2030, une nouvelle étoile est apparue dans la constellation d’Orion dans le prolongement des trois étoiles du Baudrier (« Les rois mages ») : alpha 2 Orionis.

Cet événement va réunir des personnages qui n’étaient pas forcément faits pour se croiser : Astrée, astronome à l’Observatoire de Meudon, Marc, son nouveau compagnon, libraire incollable sur Tintin et les livres rares, Célestin Morgenstern (« Etoile du Matin » en allemand) le patron d’Astrée, Jacques Kieffer, égyptologue attiré et piégé par la Nubie, Felipe Rojas, fin connaisseur de Thomas More, Mathieu Matricon, médiéviste breton.

Ces experts réalisent vite, en effet, que cette nouvelle étoile est déjà apparue plusieurs fois dans l’histoire récente de l’humanité. À des intervalles réguliers. Et comme ils ont tôt fait de constater qu’il ne s’agit pas d’une étoile, les supputations vont bon train…

Le message stellaire d’Orion

Ce roman devrait plaire à tous les amateurs d’astronomie et d’astrophysique ainsi qu’aux lecteurs de Tintin, nostalgiques de « L’étoile mystérieuse ». En forme de clin d’œil, l’auteur avoue y avoir puisé une des sources de son inspiration. Marc, un libraire érudit joue le rôle du journaliste candide. Il se retrouve, grâce à Astrée, au pays des astronomes dans un grand observatoire français et aide les meilleurs experts du pays à décrypter le mystère d’alpha 2 Orionis. Toute l’intrigue est centrée sur la découverte du message caché derrière le signal stellaire. Pas de gangster, pas de maladie contagieuse, pas de risque pour l’humanité, pas d’enjeu d’argent ou de pouvoir. Même Hergé avait dû y sacrifier. Martial Caroff nous concocte une scénarisation abstraite, comme il ne s’en fait plus depuis longtemps dans les best-sellers. Voilà qui augure généralement d’une lecture ennuyeuse. D’autant que l’auteur se veut par moment délibérément et maladroitement didactique : quels sont les méthodes pour statuer sur une étoile, pour détecter une exoplanète, etc.

Malgré tout, même si l’intrigue reste abstraite, Martial Caroff a usé d’un trésor d’ingéniosités pour lier des événements, des époques a priori sans rapport. Les bizarreries d’Orion à travers l’histoire. Le fait est que les trouvailles sont plutôt bonnes et plus crédibles que celles de Dan Brown sur le Prieuré de Sion. Entre les rois mages, la légende d’Arthur, les astronomies monastique et chinoise, les gravures d’Holbein pour l’Utopie de More, nous finissons par voir de l’Orion partout. Au-delà de la constellation du chasseur, Martial Caroff adopte avec originalité les conditions d’un dialogue interespèces à travers l’espace. Son final, original, est plus crédible que celui du film Contact de Robert Zemeckis (ou le roman éponyme de Carl Sagan), gâché par la rencontre fumeuse entre Jodie Foster et une intelligence extraterrestre. Maintenant, c’est clair, s’il fallait faire du roman, la base d’un film grand public, il faudrait changer le titre. « Exoplanète » n’est pas très vendeur et ne correspond pas vraiment au contenu du roman. Il faudrait pimenter le scénario, épaissir la trame et reprendre des dialogues un peu naïfs.

Au total, ce livre ne décevra pas les amateurs de hard science : de très bonnes idées, de l’érudition, des fondements scientifiques solides, des personnages crédibles, une intrigue abstraite, mais passionnante pour ceux qui ont les yeux tournés vers les étoiles.

Marc Alotton

http://www.actusf.com/

 

2) Roman de science-fiction et d’anticipation. En 2030, des scientifiques de l’observatoire de Meudon s’aperçoivent qu’une étoile supplémentaire est apparue dans la constellation d’Orion et s’attachent à comprendre le phénomène. Une quête qui va mobiliser différents chercheurs et mettre en œuvre des données astronomiques poussées, des réminiscences littéraires et des considérations religieuses. Compliqué, quand même !

Yves Loisel.

Le Télégramme, 1er mars 2009.

 

3) Mélange d'anticipation, d'investigation historique, de scientific romance (terme qui précède au XIX siècle, celui de science-fiction, apparu plus tard), de hard-science ; hommage à Camille Flammarion et autres astronomes qui lui sont contemporains, à l'Art, à l'Histoire, aux aventuriers, à la Science, mais aussi à Hergé. Il est très surprenant, aujourd'hui de trouver des romans comprenant une telle variété de sujets et de pistes et qui maintiennent malgré tout une ligne scénaristique aussi maîtrisée.

Le sujet premier est la découverte d'une exoplanète : terme que l'on donne aux planètes extérieures à notre système solaire. Le second : peut-il y avoir une vie intelligente autre que sur Terre et si oui, comment communiquer ?

Sous forme d'enquête à la fois historique, astronomique et mathématique, les protagonistes vont associer leurs différents centres d'intérêts, connaissances et spécialisations pour tenter de déchiffrer ce qui semblent être des signaux lumineux codés à notre intention, des messages qui se sont répétés à intervalles réguliers depuis la nuit des temps.

Martial Caroff nous entraîne littéralement dans son univers et parvient à nous convaincre de la véracité des faits. Comme un Camille Flammarion aux prémices de la technologie astronomique qui extrapolait la vie, la flore, la faune, les paysages des différentes planètes de notre système solaire(1), il jette un coup de projecteur sur ce que pourrait recenser d'existences cette exoplanète. Il donne corps à une intelligence qui par un système avancé (un chapitre très hard-science) cherche à nous contacter et rend encore hommage à cette littérature scientifique de la fin du XIXème jusqu'au début du XXème qui cherchait à ce convaincre d'une vie martienne et des signaux que ses habitants pouvaient chercher à nous envoyer(2). D'ailleurs Martial Caroff semble ne garder de ces influences que celles qui tendent à rendre la vie extraterrestre plus intelligente, moins belliqueuse, vivant dans un équilibre harmonieux qui serait d'un bon exemple pour nous. Aucune psychose de l'ennemi, aucune crainte de l'envahisseur, on est loin de H.G.Wells, mais plus proches de Maupassant(3) ou de De Fonvielle(4).

Enfin, le rythme et l'enchaînement des chapitres ont ce petit quelque chose de "tintinesque". Par des accroches à la "Plus tard, au château de Moulinsart", il n'est pas difficile d'y voir un clin d'oeil à Hergé, sans parler évidemment de son album l'Etoile Mystérieuse qui est évoquée et d'un personnage haut en couleur décrit avec des lunettes rondes et un crâne conique qui rappellera le professeur Hippolyte Calys, astronome de son état dans la même BD.

Finalement on ne gardera de l'aspect moderne de la science-fiction, que ces futures autoroutes aux véhicules autoguidés, spectacle magnifique si on le superpose aux splendides décors urbains de Blade Runner, par exemple...

En conclusion, un roman passionnant, riche, autant romanesque qu'anticipatif et que vous aurez du mal à lâcher.

(1) Camille Flammarion : Astronomie populaire

(2) Au sujet des signaux : voir L'appel d'un autre monde de Torquet, Un message de la planète Mars de Paulon ou encore Les signaux du Soleil de Spitz

(3) Maupassant : L'homme de Mars

(4) De Fonvielle : A la surface de Mars

Mots-clés : astronomie, autre monde, communication, découverte, exoplanète, hard-science, signaux, vie extraterrestre

Herveline le 30 avril 2009

http://www.librairiesoleilvert.com/

 

4) Si les éditions Terre de Brume sont surtout connues pour leurs nombreuses rééditions de classiques ou d’ouvrages quelque peu oubliés dans le genre science-fictif en particulier, elles offrent à Martial Caroff la possibilité de se lancer dans son premier roman de SF. Celui-ci avait toutefois déjà été publié chez le même éditeur, à la fois pour un roman transposant un mythe breton dans un présent alternatif (Les cinq saisons d’Ys) et un autre plus historique (Les nuées sanglantes, centré sur le personnage d’Aristophane).

On retrouve d’ailleurs certaines de ses préoccupations -intérêt pour l’histoire, goût pour les jeux de piste- dans Exoplanète. Autour de 2030, le monde se passionne pour un nouvel astre apparu dans la constellation d’Orion, qui présente surtout la particularité de s’allumer et de s’éteindre à intervalles réguliers. La jeune et séduisante astronome Astrée et son récent compagnon, le libraire Marc Chouviac, sont au cœur de cette effervescence, la première en raison de son poste à l’observatoire en pointe de Meudon, le second du fait de ses recherches dans le passé autour de cette nouvelle étoile. Parallèlement, l’archéologue Jacques Kieffer, resté au Soudan en dépit des fondamentalistes au pouvoir et emprisonné trois ans dans leurs geôles sordides, leur révèle des données pour le moins bouleversantes sur cette énigme céleste…

Ecrit dans un style finalement assez neutre, avec des personnages brossés relativement grossièrement, Exoplanète est un roman qui privilégie l’efficacité et dont la lecture est effectivement prenante. Martial Caroff égrène au fil des pages quelques éléments d’anticipation à court terme, souvent extrapolés sans trop de risques d’éléments récents ou actuels : les intégristes musulmans égyptiens ont fait sauter les pyramides comme nos talibans les bouddhas de Banian, les cigarettes sont devenues un luxe, et les transports en commun ont été de plus en plus surpassés par le système Flash, de petites unités qui sont comme une extension du système de tramway à une échelle plus vaste. Quant à l’intrigue elle-même, elle mêle L’Utopie de Thomas More et la civilisation méroïtique en une énigme intéressante (avec présence d’illustrations bienvenues), pas si éloignée que ça de l’esprit d’un Da Vinci Code, mais qui souffre d’un caractère excessif : intégrer Jésus à l’ensemble est un peu caricatural, et les efforts méritants d’élucider le mythe par l’histoire authentique sont battus en brèche par la validation implicite de la légende arthurienne et d’un Merlin astronome…

L’ultime partie du roman, qui nous permet d’en apprendre davantage sur cette fameuse exoplanète, est plus intéressante, quand bien même elle nous laisse en partie sur notre faim quant aux caractéristiques plus précises de l’espèce extra-terrestre ; l’idée d’une science finalement asservie aux croyances religieuses est en tous les cas stimulante et intrigante. Heureusement, enfin, que Jacques Kieffer vient contrebalancer, par son pessimisme, les visions bien trop roses de Chouviac, rêvant d’une résolution de tous les problèmes de l’humanité, disparition des religions, obsolescence des philosophies, etc… du simple fait de l’existence de cette autre civilisation dans l’univers.

Maestro

30 mai 2009

http://wagoo.free.fr/

 

5) Coup de cœur

En 1995, deux astronomes détectaient la présence d'une planète extrasolaire. Cette extraordinaire découverte n'était pourtant qu'un début : des dizaines, puis des centaines d'autres allaient être signalées. La prochaine grande découverte sera évidemment celle d'une planète circulant dans la zone d'habitabilité de son étoile... En 2030, un nouvel astre apparaît dans la constellation d'Orion, puis disparaît, pour réapparaître cette fois comme l'objet stellaire le plus brillant du ciel, visible même en plein jour. La communauté scientifique est en effervescence, cherchant une explication à ce prodigieux phénomène. Des astronomes, mais aussi un libraire et un archéologue, vont découvrir que l'objet mystérieux semble être déjà apparu au cours de l'Histoire de l'humanité... De l'analyse du ciel au décryptage de documents anciens, des observatoires français jusqu'aux sables du Soudan, la plume talentueuse de Martial Caroff nous embarque dans un thriller d'anticipation singulièrement documenté, qui s'achève en toute simplicité sur la réponse à la question : sommes-nous seuls dans l'Univers ?

Laurent Petit, Libraire, Payot-La Chaux-de-Fonds

www.payot.ch

http://www.porte-des-etoiles.com/rubrique,exoplanete,419881.html

 

6) Pfff... encore une fois, je me suis fait avoir. Ce roman est plutôt un embryon de livre à énigme qui entend surfer sur la vague des autres bouquins promettant 'la plus fantastique des découvertes'.

D'accord, l'idée est très bonne (je me suis quand même laissé tenter !) et le texte est assez bien écrit, mais l'exploitation laisse un peu à désirer, du moins c'est mon avis.

Pourquoi ? A titre d'exemple, imaginez qu'un spécialiste en livres se dise un jour "Tiens, je me souviens d'une carte ancienne... je pense qu'elle a un rapport avec cette nouvelle étoile mystérieuse". Et Bingo ! C'est la bonne !!! Incroyable, non ?

Et en plus, la petite équipe trouve presque directement la solution qu'on n'avait jamais remarquée en plusieurs centaines d'années.

Faut-il un logiciel de repérage d'étoiles ? Comme par hasard, un type rentre dans le bureau des chercheurs et se plaint parce qu'il s'est fait enguirlander. Pourquoi ? Parce qu'il vient d'acheter un logiciel de repérage d'étoiles, pardi ! Génial ! Vite, on l'utilise !

Ces petits hasard ainsi que d'autres rendent ce livre assez frustrant car ils donnent l'impression que l'auteur nous prend pour des lecteurs naïfs.

Quant au dénouement, il me laisse beaucoup trop sur ma faim ! Rien, pas d'action, juste un constat. On a découvert quelque chose, point barre. Et débrouille-toi avec ça. Un peu comme si on racontait les aventures d'un chercheur d'or et qu'on terminait en disant 'il découvrit une photo de la mine et sa vie fut changée'.

En conclusion, je dirais qu'Explanète est un roman au style agréable mais inabouti en termes d'intrigue et bien trop fondé sur des coïncidences.

Ma cote : 5/10

Marco, "A la recherche de la P.A.L. perdue".

29/05/2009

http://marco.skynetblogs.be/archive/2009/05/29/exoplanete-par-martial-caroff.html

 

7) Le 12 janvier 2030, une étoile mystérieuse fait son apparition dans le ciel. Une supernova ? Certainement pas : l’astre s’éteint et se rallume périodiquement. Et avait déjà fait son apparition dans un passé lointain… EM.

Ciel & Espace, juillet 2009.

 

8) (Présentation Internet de l’émission Ciels d’été diffusée le 3 juillet 2009 sur Radio Suisse Romande et dont l’invité plateau était Michel Mayor.)

La vie sur une exoplanète. Une chronique d’Anouck Merz.

Si la science ne nous donne pas de réponses précises à l’heure actuelle, Martial Caroff, lui, imagine la vie sur une exoplanète. Si cet écrivain a la passion pour la plume et les mots, Martial Caroff a aussi un parcours scientifique.

Il est enseignant et chercheur à l’Université de Bretagne et spécialiste des magmas. Aujourd’hui, avec son dernier ouvrage Exoplanète, il tourne la tête vers le ciel et nous livre une œuvre difficilement classable.

Dans son livre, il aborde une question centrale de l’actualité scientifique : comment détecter une exoplanète habitée ? A cette interrogation, Martial Caroff en ajoute une deuxième : que se passerait-il si elle nous avait détectés depuis des millions (sic) d’années ?

blogs.rsr.ch/ciel/chasseur-dexoplanetes/

www.rsr.ch

 

9) Début 2030, une nouvelle étoile apparaît dans la constellation d’Orion, puis disparaît huit jours plus tard, avant de revenir, plus brillante que jamais. A l’observatoire de Meudon, le célèbre professeur Morgenstern, impliqué dans la construction de l’hypertélescope spatial destiné à observer les exoplanètes, ne croit pas à un caprice stellaire mais plutôt à un message extraterrestre. D’autant plus que le libraire bibliophile Marc Chouviac, l’amant de son assistance Astrée, découvre dans la littérature passée, notamment dans une gravure d’Holbein pour l’Utopie de Thomas More, que ce phénomène s’est déjà produit. De même l’archéologue Jacques Kieffer trouve la trace de l’étoile dans une pierre de la reine Amanishakhéto, datée d’avant Jésus-Christ. Commence alors une formidable et érudite enquête historique et scientifique pour percer ce mystère. Malgré des personnages caricaturaux et une narration désuète, Martial Caroff, dont c’est la première incursion en science-fiction, se révèle tout à fait passionnant dans l’élucidation de cette énigme réglée au quart de poil : la convergence de témoignages issus de diverses époques rend sa démonstration plus que convaincante.

Claude Ecken.

BlackMamba n°14 juin 2009

 

10) Auteur des Cinq saisons d'Ys et de Les Nuées sanglantes, le français Martial Caroff se lance ici, avec succès, dans l'anticipation scientifique. En 2030 apparaît dans la constellation d'Orion une nouvelle étoile, très brillante. Le monde des astronomes est en effervescence. Et en particulier le bien connu professeur Morgenstern, qui travaille fiévreusement à un hypertélescope afin de pouvoir étudier le phénomène. Parallèlement, un libraire, convaincu que l'étoile est déjà apparue dans les siècles passés, entame une enquête historique. Le roman s'articule en une suite de sauts temporels. Des visions étranges, parfois poétiques, rendent l'ouvrage fort attachant.

J.C.

Lectures 161, mai-juin 2009

 

11) Yozone Littérature Critiques

Exoplanète

Martial Caroff

Terre de Brume, Littératures, roman (France), science-fiction, 217 pages, janvier 2009, 18€

Quel rapport entre l’apparition d’une nouvelle étoile en 2030, une gravure de l’« Utopie » de Thomas More, des astronomes, un archéologue, un libraire, la légende du roi Arthur et le périple d’un roi mage ?

Pour certains, le lien ne saurait être qu’une intelligence extra-terrestre.

L’histoire se passe en 2030. Après une ouverture mettant en scène un archéologue, qui a tout d’une scène d’introduction cinématographique, le premier chapitre, décrivant une conférence de presse à l’Observatoire de Meudon, pose d’emblée le ton : plutôt que verser trop ouvertement dans la hard-science, l’ambiance est celle d’une anticipation scientifique à l’ancienne, sans surcharge, accessible à tout lecteur.

Deux thèmes scientifiques d’importance y sont pourtant abordés : les extraordinaires fossiles des schistes de Burgess, en Colombie Britannique, qui à leur découverte firent dessiner de nouvelles branches sur l’arbre de l’évolution (et au sujet desquels on ne saurait trop recommander le passionnant essai de Stephen Jay Gould, « La Vie est belle : les surprises de l’évolution », Seuil, collection Science ouverte 1991, réédition collection Points Sciences 1998), et le domaine des hypertéléscopes imaginés par Labeyrie (les amateurs pourront trouver sur cette thématique un bel article d’Antoine Labeyrie lui-même, directeur du Laboratoire d’Interférométrie Stellaire et Exo-panétaire et titulaire de la chaire de physique observationnelle au Collège de France “Les hypertélescopes d’un futur proche” dans « Les Dossiers Pour la Science » n°53, octobre 2006).

Le développement du roman met en scène la même équipe d’astronomes, un libraire spécialisé dans les livres rares, un esthète et idéaliste espagnol, érudit lui aussi, un médiéviste breton, le voyage de Balthazar, la disposition des pyramides au bord du Nil, l’antique Méroé, une gravure d’Ambrosius Holbein pour l’ « Utopie » de Thomas More, les « Prophetie Merlini » intégrées au XIIe siècle par Geoffroy de Monmouth dans son « Historia Regum Brittanniae », la supernova décrite dans les textes anciens en l’année 1006, et d’autres sources ou éléments qui au fil des chapitres s’articuleront avec une précision toute horlogère –disons, astronomique– pour aboutir à la découverte d’une intelligence extra-terrestre, située à quelques trois cent quatre-vingt-neuf années lumières de notre monde.

Trois cent quatre-vingt-neuf années lumières : une distance difficile à concevoir pour l’esprit humain, mais aussi un obstacle irrémédiable à toute communication. Pourtant, cette intelligence qui, grâce à la mise au point d’hypertéléscopes que nous n’avons pas encore su concevoir, a pu détecter sur la Terre des signes d’intelligence, est également parvenue à élaborer un artefact spatial colossal destiné à nous envoyer un message lumineux, en sachant que les expéditeurs de ce message seront morts bien avant de recevoir une hypothétique réponse.

Le retournement de perspective opéré par l’auteur sur la fin du roman, la description, côté extra-terrestre, de la mise en œuvre titanesque de ce système aboutit à une dernière partie mêlant la science et la poésie. L’idée de ce contact lumineux, terriblement éloigné sur la distance, terriblement éloigné dans le temps, et voué à ne déboucher sur rien, prend des allures mystiques et métaphysiques. Le contact : un simple principe, une idée magnifique, mais dont on n’attend rien en retour, que l’auteur résume avec élégance et sobriété : “Ils engagèrent leur peuple et sa descendance dans la plus fantastique, la plus belle et la plus inutile des aventures.”

Pour aboutir à ce final métaphysique, avant de refermer avec habileté le roman comme il l’avait ouvert, sur l’image de l’archéologue autrefois isolé dans sa prison – ce que l’humanité, grâce à cette découverte, a également cessé d’être –, Martial Caroff mêle, au fil du récit, l’astrophysique contemporaine et l’érudition historique.

Pour autant les aspects hard-science et archéologie littéraire n’ont rien de particulièrement ardu. Si l’auteur use tout au long du roman des artifices classiques pour amener les notions essentielles (la conférence d’experts avec questions de journalistes, les conversations répétées entre protagonistes scientifiques et littéraires, chacun se faisant expliquer le domaine de l’autre), le recours à une écriture simple et à un découpage feuilletonesque à base de chapitres brefs rend la lecture particulièrement aisée. Les personnages sont sympathiques, chacun d’entre eux mène avec enthousiasme l’enquête dans le domaine qui lui est propre, des pointes d’humour viennent égayer les dialogues, et l’intrigue, tendue, fait se dérouler l’histoire sans longueurs.

L’auteur évite avec habileté bien des écueils au passage, en particulier les clichés que de telles thématiques attirent presque immanquablement. L’artifice classique de la quincaillerie high-tech, rituellement tapie au coin de chaque page, est ici soigneusement évité : le monde de 2030 est donc assez proche du nôtre.

Les dérives mystiques ou religieuses secondaires à l’apparition d’une nouvelle étoile, lieu commun de récits de genre, sont expédiées en quelques lignes. Les rivalités entre scientifiques de divers pays sont absentes –l’intrigue est ici purement hexagonale, sans doute pour accentuer la parenté avec les récits d’anticipation ancienne. Les interférences politiques manquent également à l’appel, tout comme les militaires ou les classiques personnages infâmes, traîtres ou saboteurs. Et ce refus de se plier aux compromissions habituelles, de céder aux lieux communs romanesques est heureux : le récit peut se concentrer sur l’essentiel sans s’alourdir de ces péripéties répétitives et standardisées déjà lues –ou vues– mille fois.

Avec « Exoplanète », Martial Caroff établit un pont entre l’anticipation scientifique du siècle précédent et la hard-science d’un futur proche. Faisant fi des rituels de la littérature de genre, ne s’embarrassant ni de ses poncifs ni de son techno-langage, il développe grâce à ces choix et à l’ampleur du thème développé un roman plaisant et presque intemporel. Sans doute est-ce en raison de ce caractère atypique que cet opus n’a pas été publié dans la collection “Poussières d’Étoiles”, qui regroupe les ouvrages étiquetés science-fiction chez Terre de Brume.

Il est vrai qu’il peut dérouter les aficionados du genre, mais aussi constituer pour certains d’entre eux une agréable surprise. Il est rare en tout cas de trouver dans la littérature de genre une tonalité atypique, tonalité qui est loin de desservir le propos et qui, nous l’espérons, se retrouvera dans de futurs romans de l’auteur.

hilairealrune

7 novembre 2009

http://www.yozone.fr/spip.php?article8550

 

12) C’est le premier pas de Martial Caroff en terres scienti-fictives. Universitaire brestois, spécialiste des roches volcaniques, il a auparavant publié deux romans s’appuyant sur une intrigue policière, "Les Nuées sanglantes" et "Les Cinq Saisons d’Ys" (d’abord publié en quatre volumes, pour les quatre saisons). Le premier était situé dans l’Athènes antique, le second dans une Bretagne fictive, contemporaine et légendaire. Dans "Exoplanète", il imagine que la Terre et son humanité ont été depuis belle lurette repérées dans le vaste cosmos... Sommes-nous enfin prêts ?

2030, en France.

Par une belle nuit étoilée, un astre inconnu extrêmement lumineux apparaît dans la constellation d’Orion : l’étrange étoile, très visible à l’oeil nu, a été baptisée Alpha-2 Orionis.

À l’Observatoire de Meudon qui dispose d’un hypertélescope, l’événement met les astronomes en effervescence. Parmi eux, Célestin Morgenstern, directeur du Laboratoire de recherche sur les exoplanètes, qui a récemment découvert une exopopulation organique sur Ganymède, le plus grand satellite de Jupiter ; et Astrée Lahille, jeune et belle ingénieur de recherche, qui entraîne dans l’aventure son nouveau petit ami, Marc Chauviac, libraire spécialisé dans les ouvrages rares de la Renaissance et du Grand Siècle. Très étrangement, la nouvelle étoile va s’éteindre, puis se rallumer, à plusieurs reprises...

Le roman s’organise autour de ces apparitions, extinctions et réapparitions spectaculaires de "l’étoile mystérieuse", qui rythment l’enquête, qui passionnent les personnages et les font progresser, d’indice en indice, d’un recoupement à l’autre.

Ils s’aperçoivent que des phénomènes exactement similaires se sont déjà produits depuis l’antiquité, ce dont témoignent certaines oeuvres majeures (par exemple, la légende arthurienne, L’Utopie de Thomas More, etc.).... Bizarre, non ? Vraie prouesse d’écriture en tout cas.

Le lecteur n’est pas oublié au cours de cette enquête passionnante, bien au contraire ! Comme dans Les Cinq Saisons d’Ys, les documents essentiels dénichés par tel ou tel protagoniste sont mis en regard en pleine page (cartes, iconographie, schémas permettant de décoder un sens caché, etc.).

Mais ne croyez pas qu’il s’agit d’un ouvrage d’érudition : les personnages nous ressemblent et leurs aventures quotidiennes, petits tracas et grands bonheurs, nous les rendent bien sympathiques. Car tout le roman ne se passe pas dans un laboratoire de recherche, loin de là. On suit Marc au troquet avec son meilleur ami, dans sa librairie à Tours, dans le lit de la belle Astrée aussi... Bonne nouvelle : ce ne sont jamais des digressions. L’auteur ne s’étend pas avec complaisance sur de l’insignifiant, mais ancre la vie des personnages bien en prise avec le réel pour qu’ils nous soient très proches et mieux révéler - comme dans un écrin terrestre - l’incroyable découverte spatio-temporelle qu’ils s’apprêtent à faire...

Comme dans une enquête policière, chaque chapitre commence par une indication de lieu, de date et d’heure précise, ce qui permet de suivre pas à pas et presque minute par minute le processus qui va nous conduire à enfin élucider l’énigme. Le suspense est maintenu jusqu’aux toutes dernières pages...

Ce roman est donc une réussite à plus d’un titre : j’apprécie tout particulièrement le style de Martial Caroff, une belle écriture que j’avais déjà admirée dans ses deux précédents romans. Il écrit avec une énergie et un enthousiasme communicatifs ! Autrement dit, quand j’ai ouvert le roman, je l’ai lu d’une traite, avec exaltation et le sourire. Les phrases sont souples et chevillées avec rythme, sans accroc. Elles sont belles et les mots bien vivants, les images nombreuses, concrètes et poétiques à la fois. Lorsque l’auteur nous emmène hors du système solaire (si, si !), la beauté de l’exoplanète nous apparaît à travers les yeux du géologue devenu poète, ce qui donne lieu à de superbes pages. C’est un roman qui, comme ses personnages, respire bon la joie de vivre !

Extraits

« - Cette... lumière ne présente les caractéristiques spectrales d’aucune des familles d’étoiles recensées à ce jour. Ni de près, ni de loin. En outre, pas question d’y voir une supernova ou autre nova. Qu’elle soit ou non explosive, il ne s’agit pas d’une étoile, je suis catégorique. - Alors c’est quoi ? Morgenstern arbora de nouveau son sourire de prédateur. - Je pencherais pour un signal émis par une civilisation extraterrestre, fit-il. » (p. 33)

« Morgenstern aboya les ordres. Le labo devint aussitôt une ruche, où chacun savait ce qu’il avait à faire. Les invités se firent petits pour ne pas déranger. Ils observèrent sur l’écran l’incroyable course-poursuite à travers l’espace de l’hypertélescope derrière l’étoile mourante, filante. Elle se rétractait, Morgenstern la suivait. Il faisait des miracles pour garder le contact. C’était comme une course échevelée derrière une lumière vacillante fuyant le long d’un tunnel obscur. Non, c’était plutôt le chasseur pistant le chacal efflanqué et rigolard, qui attendait son poursuivant lorsque celui-ci trébuchait... » (p. 181-182)

Lynédice

Mercredi 31 mars 2010.

http://www.peregrine.asso.fr/spip.php?article218

 

13) Martial Caroff est universitaire, spécialiste des roches magmatiques. Maître de conférences en géochimie à l'Université de Bretagne occidentale (Brest), il a le goût du livre et du songe.

Exoplanète est le titre de son livre. L'action se déroule en 2030. Spécialiste du polar anticonformiste, Martial Caroff conte l'histoire mystérieuse d'une nouvelle étoile découverte dans la constellation d'Orion. Il s'agit d'une exoplanète (planète extérieure à notre système solaire).Deux questions dans ce livre qu'on lit d'une seule traite : « existe-t-il une vie intelligente ailleurs que sur Terre et si oui, comment communiquer avec elle ? » L'auteur tente d'y répondre mais sur un mode badin : celui d'un roman de science-fiction, rempli de suspense. L'enquête est menée rondement, « de façon fantaisiste mais non légère ». Pour Martial Caroff en effet, « en dépit de la part imaginaire de mon ouvrage, je veux m'appuyer sur un fond sérieux ».

Cela n'est pas évident et a contraint l'écrivain à toutes sortes de recherches : l'histoire et l'astronomie, mais aussi les mathématiques et les signaux lumineux qui se sont répétés au cours des siècles.

D'une façon ludique, Exoplanète peut conquérir toutes sortes de lecteurs : les nostalgiques de l'étoile de Bethléem et ceux de l'histoire d'Égypte, les amateurs d'anticipation et ceux des sables du Soudan. Quant à ses sources, elles doivent être sérieuses puisqu'Alain Cirou, rédacteur en chef du magazine Air et Espace, qui en a rédigé la préface, considère que la fiction peut être « fort crédible. On susurre en effet que des candidates au titre de soeurs de la Terre seraient déjà prises dans les filets des observatoires », écrit le consultant scientifique à Europe 1.

L'aventure dans laquelle Martial Caroff plonge son lecteur autour de la vie dans une autre planète n'est donc pas si improbable. Le récit à propos de la vie extraterrestre peut en tout cas servir d'exemple. Chacun des habitants, en effet, vit « dans une atmosphère moins belliqueuse avec un équilibre harmonieux, sans aucune crainte de l'ennemi ou de l'envahisseur ».

M. B.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Martial-Caroff-et-son-Exoplanete-un-polar-utopique-_61293-avd-20100310-57813752_actuLocale.Htm

 

14) Chez les auteurs, il y a ceux que tout le monde connaît. Ceux dont on parle trop. Ceux qui sont trop peu méconnus. Et ceux qui sont méconnus tout court... Et parmi ceux-là, il y en a pour qui c'est un peu à tort. Martial Caroff est géologue à l'Université de Brest, spécialiste des roches magmatiques (mais pourquoi n'est-il donc pas plutôt à l'Université de Clermont-Ferrand alors ?). C'est aussi un écrivain qui, dans sa carrière, vient d'aborder la SF à travers une trilogie dont Exoplanète est le premier roman

Résumé :

En Janvier 2030, une nouvelle étoile (Alpha-2) apparaît dans la constellation d'Orion. Si le lien est fait avec la fameuse supernova du Crabe (repérée au XIème siècle par les astronomes chinois), on se rend compte assez vite qu'Alpha-2 présente d'étranges caractéristiques... Pour l'équipe de l'observatoire de Meudon, il n'y a qu'une seule possibilité : Alpha-2 n'est pas une vraie étoile, mais plutôt un "phare" construit par une civilisation extraterrestre. L'hypothèse est confirmée soudain lorsqu'Alpha-2 s'éteint puis se rallume... Quel message cherchent à faire passer les êtres qui ont réussi le prodige de construire cette étoile artificielle ? Et cet événement si troublant, n'aurait-il pas déjà eu lieu dans le passé de l'Humanité ?

Point d'invasion extraterrestre imminente dans ce roman. C'est de la SF positiviste comme on en lit très peu de nos jours. Si le contexte futur esquissé par l'auteur n'est pas toujours très reluisant, dans l'ensemble, c'est un futur qui reste compréhensible tout en n'étant pas trop anxiogène. La critique sociale semble intéresser assez peu Martial Caroff et c'est un peu dommage. Au lieu de cela, les personnages évoluent un peu en vase clos dans leur univers d'intellectuels : astronomes, historiens, archéologues et libraires... Leurs capacités combinées leur permettront de résoudre une énigme millénaire mais ignorée de tous. C'est en quelque sorte une histoire où tout se passe bien et tout se finit bien, servie par une écriture sûre mais encore assez naïve, avec ses personnages qui "parlent tous de la même voix".

En demi-teinte, alors ? Pas du tout. On ne s'ennuie pas un instant, et c'en est d'ailleurs presque surprenant compte-tenu de ce qui se passe dans cette histoire. On se rend compte en fait que l'auteur parvient à raconter une histoire sans véritable enjeu mais qui égrène pourtant les hypothèses et les rebondissements avec une efficacité redoutable. Il n'y a pas d'énigme au départ ? Qu'à cela ne tienne, on va en construire une, et la résoudre dans la foulée. On sent ici que c'est une histoire construite par un homme de science. Et cela ne manque pas d'être réjouissant, malgré les quelques défauts énoncés plus haut. C'est de la hard-science et cela fait penser à certains passages de la quadrilogie 2001 d'Arthur C. Clarke. Je suis presque prêt à parier que Martial Caroff a lu, et apprécié, le chapitre dans 2010, Odyssée 2 où Dave Bowman explore l'océan sous-glaciaire de la lune Europe.

Le deuxième volet de la trilogie, Antarctique, est d'ores et déjà disponible. Au vu du premier, je lui donnerai sa chance, histoire de voir si cet auteur parvient à me bluffer une deuxième fois. Nous verrons bien si cela vaut la peine que j'aille jusqu'au troisième tome, lorsqu'il sera publié. Bonne continuation... et bonne évolution.

Anudar

lundi 3 mai 2010

http://grandebibliotheque.blogspot.com/2010/05/exoplanete.html

 

15) Exoplanète - Martial Caroff - Editions Terre de Brume (2009)

C’est à cause d’une erreur que j’ai lu ce livre mais je ne le regrette pas une seconde.

Sur un présentoir j’aperçois « Antarctique » croyant à de la littérature de voyage j’ai feuilleté ce livre de science fiction qui m’a attiré et je me suis mis en chasse du tome 1 Exoplanète (seul défaut du livre : le titre, mais que font les éditeurs?)

La préface du DG de l’Association d’Astronomie en impose et on se dit que c’est du sérieux.

2030, une nouvelle étoile est apparue dans la constellation d’Orion (Bételgeuse, Rigel ...) les astronomes l’ont appelé Alpha 2 Orionis et elle est visible à l’oeil nu.

Voyez comme le hasard fait bien les choses, Marc Chouviac un libraire spécialiste du XVI ème siècle est le petit ami d’Astrée Lahille astronome sexy qui fait partie de l’équipe de l’Observatoire de Meudon qui a « découvert » cette étoile.

Petit clin d’oeil de l’auteur, le patron de l’équipe c’est Célestin Morgenstern (étoile du matin en allemand).

Surprise de taille, l’étoile s’éteint après quelques jours, puis réapparait pour disparaître à nouveau, la communauté scientifique est en effervescence, étoile ? planète ? personne n’est plus sûr de rien.

Les explications viendront de personnages inattendus : un ex otage des intégristes musulmans, un breton spécialiste de latin médiéval, un espagnol qui connaît tout sur l’Utopie de Thomas More, invités dans le laboratoire, ils vont participer chacun à sa façon à la résolution de l’énigme

Je n’ai pas lâché ce livre, nul besoin de connaissances en astronomie, Martial Caroff vous prend par main et vous avez immédiatement la tête dans les étoiles (oui c’est facile je vous l’accorde).

Son roman est parfaitement rythmé, on progresse dans plusieurs directions : le ciel, les manuscrits et les recoupements que font les personnages entre les deux.

Ses héros sont sympathiques même si certains ont mauvais caractère, en plus ils apprécient presque tous le bon vin et vous avez en prime un petit cours d’oenologie.

C’est malin, le scénario est très astucieux et ...crédible. Les personnages sont très vivants et leur enthousiasme pour décrypter l’énigme est communicatif. Pour un peu on n’irait s’acheter un téléscope !

Martial Caroff qui est géologue et universitaire de son état est aussi un poète quand il parle du ciel et des étoiles. Antarctique m’attend et je sais déjà que je vais aimer s’il est aussi bon qu’Exoplanète.

Un livre à ajouter dans votre liste de lectures de vacances.

ivredelivres

09.06.2010

http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/05/30/exoplanete-martial-caroff.html

 

16) Anudar m'a donné l'occasion de mieux connaître son blogue La grande bibliothèque et de découvrir par la même occasion, Exoplanète aux éditions Terre de Brume, offert et dédicacé par Martial Caroff. Merci et re-joyeux bloganniversaire !

12 janvier 2030, 19h32.

Une nouvelle étoile, plus brillante qu'aucune autre, est apparue dans le ciel à l'est de l'alignement des " trois mages " dans la constellation d'Orion. Pour les scientifiques de l'observatoire astronomique de Meudon, dirigé par le professeur Morgenstern, elle ne peut être d'origine naturelle : ils disposent justement de l'instrument adéquat, leur flambant neuf hypertéléscope spatial, pour fouiller l'espace à la recherche d'indices. D'autres spécialistes, des historiens venus d'horizons éloignés, poursuivent des recherches dont les résultats convergent curieusement. Leur rencontre fortuite les mène à la résolution collective de la plus grande énigme de tous les temps.

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J'ai pris grand plaisir à lire cette très belle fiction, érudite, que les efforts de vulgarisation rendent accessible et à m'immerger dans ce rêve auquel l'auteur donne envie de croire. J'apprécie les éléments de départ de la construction romanesque, ce mélange de culture scientifique et historique, la confrontation du regard introspectif penché sur l'étude du passé et prospectif tendu vers la (con)quête des étoiles. Les personnages sont attachants : la belle et bien nommée Astrée, son ami Marc le libraire d'art et Felipe, qui ont oublié d'être bêtes, le professeur Matricon, médiéviste spécialisé dans la légende arthurienne et même le peu sympathique Jacques Kieffer, égyptologue acharné, qui est pardonné pour ce qu'il a subi dans les geôles soudanaises... Enfin, des portes inattendues sont ouvertes qui ne sont que l'ébauche de perspectives offertes par ce premier tome d'une trilogie : pour confirmer ma bonne impression et connaître la suite, je mets Antarctique dans ma LàL.

15 juin 2011

http://ccommecolomb.blogspot.com/2011/06/exoplanete_15.html

 

17) Je finirai l’année sur un roman qui me tient à cœur… et que je conseille à tous !

Ayant récemment acheté, Rêve, le 3ème tome d’Intelligences, j’ai préféré relire les tomes précédents pour me remettre dans l’histoire. Et vu que je n’avais pas fait d’article sur ma lecture, je répare cette erreur !

Quoi, vous ne savez pas de quoi parle ce roman ?? Allez, voici la 4ème de couverture :

12 janvier 2030. L’information court déjà sur tout le réseau NewNet : depuis 19h32, une nouvelle étoile resplendit dans la constellation d’Orion.

Le mystère s’épaissit le 19 janvier lorsque l’astre s’éteint subitement, pour réapparaître le lendemain soir et devenir, cette fois, l’objet extrasolaire le plus brillant du ciel, visible même en plein jour ! L’observatoire de Meudon est en effervescence. Le médiatique professeur Morgenstern veut être le premier à proposer une explication à ce prodigieux phénomène. Pour cela, il convient de terminer au plus vite la mise au point de l’hypertélescope spatial, un outil révolutionnaire capable de produire des images détaillées de lointains systèmes planétaires.

Dans le même temps, le libraire Marc Chouviac découvre une série d’indices qui lui font penser que l’étoile est déjà apparue dans le passé…

C’est ainsi que débutent deux enquêtes convergentes, l’une scientifique, l’autre historique, qui déboucheront sur la découverte la plus fantastique de tous les temps !

Je ne vais pas vous refaire un topo sur l’auteur, vous pouvez soit lire mes autres articles, soit aller faire un tour sur son site.

J’ai longtemps hésité sur l’extrait à vous mettre… Il m’en fallait un qui ne vous dévoile pas trop l’histoire mais qui tout de même vous montre son originalité. Vous me direz si j’ai bien choisi :

Les deux amis marchaient dans les rues de Tours. Quelques voitures silencieuses déversaient leurs flots de braillards. Depuis l’avènement des piles à combustible, l’atténuation de la pollution sonore des moteurs avait été compensée par un accroissement du tapage vocal. Les villes humaines se devaient d’être bruyantes, c’était l’une de leurs fonctions sociales. Marc se demanda s’il en était de même sur les autres planètes. Il se souvint du chat de Tex Avery qui quittait une Terre trop turbulente à son goût pour la Lune et découvrait là une société encore plus assourdissante…

Ils longeaient le quai d’Orléans, se dirigeaient sans un mot vers leur brasserie préférée, celle de « Matelots d’eau douce ».

La ville était envahie par la foule du samedi soir. Les jeunes prenaient par petits groupes un apéritif d’air pur avant d’aller s’agiter toute la nuit au son du SkyTech. C’était le nouveau genre musical en vogue, une sorte de phrasé délirant et interminable baigné de musique électro-impulsive.

Il y avait toujours quelqu’un sur le quai pour dresser le bras vers Alpha-2 d’Orion. L’astre perçait la constellation opiniâtrement, avec un éclat légèrement supérieur à celui de Rigel.

Et voilà, j’ai fait la partie la plus facile… Maintenant, je dois vous dire ce que j’ai pensé du livre.

Tout d’abord, j’ai été impressionnée par l’originalité de l’histoire. Ce roman est classé en SF, ce qui n’aurait pas dû me plaire et pourtant, je me suis laissée porter ! Il y a certains passages scientifiques comme des descriptions de matériel qui m’ont un peu perdue. Il y avait trop de détails à mon goût et même s’ils peuvent permettre à certains de visualiser, j’ai eu beaucoup de difficultés à imaginer (je dis ça surtout pour tout le système optique décrit à la fin).

Mais parlons plutôt des points positifs et ils sont nombreux !

Comme vous le savez si vous suivez ce blog, les personnages sont importants pour moi. Et ici, nous en avons une jolie galerie… De la belle Astrée au poussiéreux Matricon (que j’ai été heureuse de retrouver, les lecteurs des Cinq Saisons d’Ys me comprendront), de l’aventurier Kieffer au libraire Marc Chouviac, du scientifique imbu de lui-même au révolutionnaire espagnol et bien d’autres encore. Malgré la multitude de personnages, on n’est pas perdu car ils ont tous un caractère particulier et un rôle bien défini. Mais je vous laisse les découvrir et vous faire votre propre avis, chacun peut s’attacher plus ou moins à un ou plusieurs d’entre eux (j’ai un petit faible pour Marc !).

Quant à l’histoire comme il est dit dans la 4ème de couverture, ce sont deux enquêtes qui convergent… Certains trouveront certainement que les pièces se mettent en place trop facilement mais je sais que quand des personnes d’univers différents se rencontrent et fusionnent leurs idées, on trouve les réponses plus rapidement. De plus, le NewNet facilite les recherches !

L’extrait que je vous ai choisi, c’est pour vous mettre en avant les idées de l’auteur, bien sûr il y a le NewNet, le SkyTech (pas sûre que j’apprécie cette musique…), les Unités Flash, etc… et j’aurai pu aussi vous choisir un extrait de la fin pour vous montrer son imagination mais cela en révèlerait trop sur l’histoire. J’aurai aimé en savoir plus sur Tam et Sow, passer plus de temps avec eux…

Comme je vous l’ai dit, c’est une lecture que je recommande ! Et d’ailleurs, j’aimerai avoir l’avis de non-scientifiques sur cette histoire…

Et je finirai par une citation :

J’ai presque honte de me sentir aussi insignifiant, aussi humain, quand je constate ce que sont capables de faire ces êtres lointains, non pas pour me découvrir, mais simplement pour me faire savoir qu’ils existent ! Je suis nul, mais je suis important, puisque l’on veut se montrer à moi !

Marie

31 décembre 2012

http://petitemarie29.wordpress.com/2012/12/31/exoplanete-de-martial-caroff/

 

18) Exoplanète est le premier tome d’un cycle atypique dans le domaine de la science-fiction. En effet, ce petit bijou déblaye brillamment le sillon bien particulier de la science-fiction réaliste. Nous sommes à Meudon, en 2030, une nouvelle étoile vient d’apparaître dans le ciel. S’ensuit une véritable chasse au trésor pour découvrir ce que représente cette lumière dans les sciences dures mais aussi dans la littérature, l’histoire et la Bible… Ce tourbillon d’érudition fait valser l’intrigue sur un rythme magistral où les discours sur l’astronomie vous donneront l’envie d’en savoir plus, ce qui n’est pas chose aisé tant la matière traitée dans ce livre est complexe. Ce récit à tiroirs est servie par une galerie de portraits foisonnante de vie et de densité: une astronome cotoîe un libraire spécialiste des livres rares dont le chemin croise celui d’un archéologue ancien otage dans le désert, rejoint par un universitaire fasciné par Geoffroy de Monmouth… Vous êtes au quart de la liste…

Constamment soutenu par un style ample et délicat, bien que quelques trous parsèment le récit de petites faiblesses, cette histoire est aussi un formidable moyen de se questionner sur notre rapport à l’Autre, c’est-à-dire sur l’Ailleurs. Le thème de l’extra terrestre fait rapidement surface pour s’entremêler avec celui de l’écologie se fusionnant dans un message universel de paix tout sauf kitsch.

Martial Caroff a l’étoffe pour être le Perez-Reverte de la science-fiction. Son talent est indéniable. Avec ce premier opus, il dépoussière le genre et nous dépayse en faisant exploser le cadre du réel par cette évocation de l’espace.

11 juin 2014

Miguala

http://leboudoirquiboude.wordpress.com/2014/06/11/exoplanete-de-martial-caroff/

 

19) Ce livre d'anticipation (presque de fiction scientifique) relate l'émoi provoqué par une étoile qui s'allume puis s'éteint. Et comment une équipe de scientifiques (mais pas que) va tenter de comprendre cet incroyable phénomène. Le style est correct, les personnages plaisants, mais ce qui m'a le plus emballée, c'est bel et bien le portrait du fonctionnement d'une équipe de chercheurs en astronomie. On trouve de tout: un chef d'équipe brillant mais égocentrique au dernier degré (imaginez le Dr House dans la vraie vie, le charme d'Hugh Laurie en moins), des jeunes chercheurs un peu paumés quand ils doivent trouver un équilibre entre vie privée et un métier dont ils ont tendance à penser qu'il EST leur vie...
Mais là où j'ai été bluffée, c'est le sérieux de la Science qui est utilisée au secours de l'intrigue, et je n'ai pas vu d'erreurs factuelles grossières. Une situation qui ne m'était pas arrivée depuis longtemps (et je suis astronome). Ajoutez à ça une description de l'Observatoire de Meudon qui ferait jurer que l'auteur y a été un nombre certain de fois, et je suis ravie. Un bon roman de hard-science, sans la moindre douleur dans l'exposition des concepts scientifiques, écrit par un français, une denrée rare, dégustez-le!

1 mars 2015

Pfdac

http://www.goodreads.com/review/show/1215486192?book_show_action=true&from_review_page=1

 

20) L’intrigue se déroule sur environ une semaine, cette originalité rend l’action rapide, et elle va même en s’accélérant ! On ne le lâche pas avant la fin ! L’histoire et le caractère des personnages sont peu détaillés, l’accent est vraiment mis sur l’intrigue de cette prétendue étoile qui serait déjà apparue à plusieurs reprises. Le style est très facile à lire, même si j’ai relevé plusieurs mots assez incongrus, dont certains ne figuraient même pas dans le dictionnaire ! Par contre, ne cherchez pas trop à comprendre l’explication technique du fonctionnement de « l’étoile » dans la dernière partie du livre…

Note: 5/5.

24 juin 2015

Lumina33

http://livres-et-lumiere.blogspot.fr/2015/06/exoplanete-de-martial-caroff.html

 

21) A lire dans Les cahiers Clairaut (Bulletin du CLEA: Comité de Liaison Enseignants et Astronomes) n°157 de mars 2017 :  un gros dossier (de 5 pages) sur Exoplanète, dans le cadre d'une lecture critique du roman avec des élèves.

"Faire de la science en lisant un roman de science-fiction, c'est le pari que nous avons fait lors d'activités sur les exoplanètes menées avec Marion et Léa dans le cadre d'un atelier scientifique et technique."

 

22) C'est en fouinant sur le blog d'Anudar que j'ai découvert Exoplanète. Son auteur, Martial Caroff, un géologue de formation, est enseignant chercheur à l'Université de Bretagne Ouest de Brest et écrivain depuis une quinzaine d'années. Écrivain touche à tout, il nous livre de la science-fiction, du polar, des romans historiques et des guides géologiques pour les grands et les petits. Bref, un scientifique à la culture hétéroclite. Et ce mélange des genres se retrouve dans ce court roman assez surprenant.

 
En janvier 2030, une nouvelle étoile apparaît dans la constellation d'Orion, cette étoile visible à l’œil nu possède des caractéristiques physiques déroutantes. Astrée Lahille une ingénieure de l'observatoire de Meudon est chargée d'étudier et d'expliquer ce phénomène. Phénomène qui va devenir encore plus incompréhensible quand cette étoile va s'éteindre une première fois. La communauté scientifique est un peu perdue. La découverte d'anciens manuscrits et témoignages des siècles passés, sans donner directement d'explications à ce mystère, va montrer que ce n'est peut être par la première fois que cela se produit...
 
Dès les premières pages, on sent le scientifique derrière l'écrivain. Pas seulement pour le cours de physique, d'astronomie qui nous plonge d'emblée vers la nouvelle étoile (et je rassure ceux qui seraient hermétiques à ce sujet, c'est clair, précis et concis !) mais aussi sur la structure du roman : faits - réflexions - explications. Pour ma part je suis aux anges !
 
Roman sans véritable intrigue, il n'en reste pas moins un page-turner efficace. L'histoire se fait d'elle même et les différents protagonistes apportent leurs questions (et leurs réponses) au fur et à mesure que les chapitres s'écoulent. Curieux de lire les hypothèses des uns et des autres, des scientifiques comme des historiens, j'ai avalé ce court roman en quelques heures, avide de connaitre la nouvelle théorie, la dernière explication.
 
Le principal défaut reste les personnages, ils sont tous issus du même moule, rien ne les démarque vraiment, tous des intellectuels que l'on pourrait qualifier de "bobos". Il y a un manque d'épaisseur, de faiblesses, de failles chez eux. 
 
Ce défaut est compensé par la qualité des références historiques, du XVIème siècle à la naissance du Christ en passant par le Moyen-Age. A chaque période son histoire, son anecdote qui aura sa résonnance en 2030 et dans le même temps l'auteur ébauche un futur à la fois rassurant et angoissant. Il distille au compte-gouttes les informations sur un mode de vie un peu différent : la fin des voitures, un internet plus "efficace"... on aimerait en savoir un peu plus.
 
Pour conclure, ce court roman de Hard Science (soft) est une lecture estivale agréable, à la fois dépaysant et enrichissant. . J'ai appris pas mal de choses dans ces quelques pages. Et surtout je ne regarderai plus jamais Orion de la même manière et qui sait ce qui se passera en janvier 2030...
 
7 août 2017
 
Les lectures du Maki